Goethe Faust. Texte et dossier, La Bibliothèque Gallimard, Ed. Gallimard, 2002. Dans les dernières années de sa vie, Goethe reprend et achève ses plus grandes œuvres. Aux Années dapprentissage de Wilhelm Meister 1795-96, qui sest imposé comme larchétype du genre romanesque allemand par excellence, le Bildungsroman, roman de formation, consistant à suivre un individu de sa jeunesse à sa maturité, de léveil de sa personnalité et de sa sensibilité à son insertion dans la société, Goethe ajoute en 1821 les Années de voyage, une suite méditative qui transforme la narration en un roman de conversation et danalyse synthétisant la sagesse et le savoir de lauteur. Après Faust I, vient Faust II, lultime chef-dœuvre, achevé à la mi-août 1831. Alors que la première partie de Faust récapitulait la mythologie germanique et le destin de lâme allemande depuis, la deuxième partie revient à la mythologie classique, tout en abordant avec une lucidité et une vigueur étonnantes les grands problèmes de la modernité européenne : la tension de lindividu et de la société, les fondements de létat de droit, le respect dû à la nature et les imprudences de la science et de la technique, les promesses et les mensonges du progrès, les manipulations génétiques et les mutations de la nature humaine. Par Hippolyte Buffenoir Edition originale du premier volume sur deux de cet ouvrage consacré aux hommes et femmes célèbres et à leur demeures, exemplaire non justifié il existe un tirage de tête sur Hollande de 10 exemplaires numérotés dapprentissage de Wilhelm Meister, reprit le poème idyllique Goethe et les arts Goethe et le dessin Trois romans qui senchevêtrent lun dans lautre, des retours trop brusques, des révolutions de sentiment trop imprévues, des gaucheries et des puérilités ; que de raisons pour échouer! et M. Freytag a réussi! Cest quaucun de ces trois romans nest son véritable sujet. Rothsattel, Fink, Sabine, Lénore, Itzig, Antoine lui-même ne sont que des prétextes. Qua donc voulu lauteur? Peindre le peuple allemand : lui-même nous en avertit dans son épigraphe, et, pour le peindre, le chercher là où on peut le saisir avec ses qualités propres, cest-à-dire dans son travail journalier. Ce qui lui importait, par conséquent, cétait de se donner de lespace, afin détendre cette recherche. Voilà pourquoi son livre commence avec la vie même dAntoine et ne finit quà la mort dItzig, embrassant trois récits qui sajustent lun à lautre, qui se mêlent, qui souvent sinterrompent et sarrêtent pour livrer passage dans leurs intervalles à des récits et à des épisodes secondaires. Quelques-uns de nos lecteurs ont sans doute remarqué leffet singulier que produit Gœtz de Berlichingen, le premier drame de Goethe. Quon le décompose pièce par pièce, cest un amalgame inouï ; Gœtz ny tient pas, matériellement, plus de place quune demi-douzaine dautres personnages, ses adversaires ou ses amis ; laction se passe partout ; il y a un monde dacteurs dont pas un nest un comparse indigne dintérêt ; bohémiens, moines, chevaliers, soldats, théologiens, jurisconsultes, paysans révoltés, bourgeois, des figures de tout âge et de tout caractère, des femmes et des enfants, des poltrons, des braves, des traîtres, tout cela forme un pêle-mêle monstrueux de membres déchirés et brisés ; et, si au-dessus de ces débris flottants de lanalyse il surnage encore un drame, drame rapide dans sa marche et terrible dans son dénouement, ce drame, ce nest pas la vie de Gœtz, ce sont les amours dAdélaïde et de Franz. Quon examine lœuvre dans son ensemble ; on croit suivre sous un ciel à teintes changeantes le cours dun fleuve majestueux et tranquille que bordent tantôt de riantes prairies, tantôt des rocs nus et désolés, tantôt des champs de bataille retentissant du choc des armes et du piétinement des chevaux. En dépit de la variété des scènes, il ny a pas dincertitude dans notre esprit ; notre attention ne nous semble pas éparpillée ; une seule vision sempare de notre cerveau, une seule image captive notre âme et la pénètre : lAllemagne du xvi e siècle. Je ne puis mieux comparer le roman de M. Freytag quau drame de Goethe ; la même variété de scènes y aboutit à la même unité dimpression. Quimporte lhistoire dun personnage! Il sagit de nous mettre sous les yeux un tableau de la vie allemande au xix e siècle. Dès lors les épisodes deviennent utiles et quelquefois indispensables. On pourra dès le début, sans que nous sachions dabord pourquoi, consacrer quatre ou cinq pages à nous montrer comment un Juif de Galicie sentend à débattre le prix dun marché de laine. On pourra, lorsque le départ de Fink et la ruine imminente de Rothsattel marqueront lune des crises les plus attachantes du récit principal, laisser là ce récit et se mettre à décrire des émeutes polonaises, comprimées par les troupes allemandes. Pourvu que lon noircisse convenablement les Polonais, cela prêtera des couleurs idéales à laffreux sac gris dont senveloppent, sous prétexte de capote, les soldats prussiens. On rapportera avec le soin quelles méritent les grandes querelles de limmense portefaix Sturm et de son fils Charles, qui refuse de se croire un nain, le vaniteux! parce que sa taille atteindra un jour cinq pieds. On ne manquera point de nous initier aux savantes orgies de messieurs les portefaix, collègues de Sturm, qui, par mesure dhygiène et par dévouement à leurs fonctions, senivrent, à heures fixes, dune boisson mêlée de bière et dhuile, puisent dans ce breuvage la vigueur qui leur est nécessaire, et, tandis quils vident en conscience cruches et brocs, admirent leur abnégation et se lamentent sur les devoirs de leur état qui les tuent tous avant cinquante ans. Si Bernard Ehrenthal, qui a vécu jusque-là au fond de sa chambre, studieux et solitaire, étranger à tous les usages et à tous les détails de la vie pratique, annonce un beau jour quil veut faire son thé lui-même ; il faudra quon nous dise limpression produite par ce grave événement jusque sur sa cuisinière. Le roturier Antoine nira point au bal chez M me de Baldereck, sans que nous sachions ce quen pense le Principal dans son cabinet, les exclamations que poussent Sabine et sa vieille tante au premier étage de lantique maison, MM. Jordan, Specht et Pix dans leur comptoir, et même les gens de peine autour de leurs ballots. Ce nest pas létourdissement de tous que M. Freytag nous peint en quelques mots rapides, comme il conviendrait sil ne voulait pas nous distraire trop longtemps de son héros, cest létourdissement de chacun, noté par des détails qui vont toujours samincissant et qui introduisent des parcelles dans des parcelles. Autant de classes de personnages, autant de scènes distinctes pour un seul incident ; cest le procédé habituel de lauteur. Son favori Antoine nest là que pour nous servir de guide et nous conduire tour à tour chez le marchand, le soldat, le noble des villes, le châtelain et le juif. Si le héros, en guide modeste, sefface trop souvent derrière le tableau quil nous montre, si dautres personnages lécrasent de leurs qualités plus brillantes, plus héroïques, plus fortement trempées que les siennes, sil nest pas acteur, sil est à peine témoin dans quelques-unes des situations les plus tendues, celles, qui sollicitent le plus énergiquement notre intérêt et devant lesquelles pâlissent les incidents assez peu romanesques de sa propre existence, cest un défaut sans doute, et un défaut capital, à juger daprès les règles rigoureuses de la composition ; mais, pour lobjet même que se propose lauteur, nous révéler les mœurs dun peuple dans ce quelles ont de plus intime et son caractère dans ce quil a de plus national, nest-ce pas là une qualité ou tout au moins un avantage? Le livre nen reproduit que mieux la vie humaine avec ses hasards et son décousu. Chacun de nous, en effet, est le héros de sa propre existence. Mais combien de fois les catastrophes que côtoie, ce héros ne sont-elles pas plus intéressantes que celles qui le frappent lui-même! Combien de visages, amis ou ennemis, jetés par la fortune sur la route quil suit, le dominent, leffacent, le rapetissent, et, concentrant sur eux toute la lumière, le rejettent dans lombre et lobscurité! Pour se mesurer à un peuple de poètes, il fallait être poète soi-même. La poésie anime et colore partout le style de M. Freytag ; elle jaillit sans quil la cherche ; elle coule sans quil songe à la diriger. Des églogues, des élégies, des romances, des odes fantastiques, de ces doux contrastes qui tiennent limagination en éveil et récréent, M. Freytag nen tarit point. La maison recrépie de T. Schrœter se présente naturellement à lui comme une bohémienne qui a jeté une étoffe neuve aux couleurs bigarrées sur ses guenilles de mendiant. Il ne peut se figurer Antoine et les Rothsattel bannis sur le sol polonais, sans que des flots de tendresse ardente débordent de son cœur au souvenir des bénédictions que la terre natale prodigue à ses enfants. Il ne peut pressentir la ruine prochaine du baron sans se mettre aussitôt sous les yeux la félicité tranquille du sage campagnard qui unit aux travaux de lagriculture ceux dune industrie sans risque ; il voit et il fait voir la contrée qui devient plus riante par ses soins, des cabanes qui sélèvent, des voitures chargées de matériaux, roulant à travers les chemins bordés dépis, les toits rouges, la fumée, signe dabondance et dactivité, les ouvriers venus des pays lointains, même le facteur avec sa petite boite de cuir qui va de porte en porte, boit avidement la jatte de lait offerte par une main hospitalière, et raconte en sessuyant le front comme le soleil est chaud et comme la route est longue jusquau village voisin. Cest tout un peuple que limagination crée dun seul de ses regards M. Freytag, quand il décrit, dispose dun trésor inépuisable dexpressions et didées ; sa phrase sassombrit, ségaie, tourbillonne ; il a des scènes quil ouvre avec lonction majestueuse de Gessner, dautres où il déploie tout le luxe de tempêtes, de ténèbres et de sifflements sinistres quon admirait si fort à la fin du siècle dernier dans les poèmes dOssian. Livresse du bal, les sentiments quil éveille et satisfait en nous, lespoir vague, la soif de lélégance, lorgueil, la vanité, la jalousie, lamour, les passions déchirantes dune heure, cette espèce dattrait particulier à la danse qui finit, lineffable sensation de voluptueuses angoisses que laissent dans un cœur de vingt ans les capuchons de soie qui fuient et se dispersent aux derniers sons dun orchestre mourant, ce vide si agité, cette langueur, cette fièvre pleine de rêves que laube du jour va dissiper, toute cette poésie subtile et maladive des plaisirs mondains, M. Freytag la perçoit et lexprime avec autant de bonheur que la poésie des champs et des bois : tant il est complètement poète! Et voici comme il mesure la marche du calendrier et par quel assemblage dimpressions gracieuses il sait peindre une fois de plus le retour du printemps après deux mille ans quon na cessé de le peindre dans toutes les langues : Ainsi sécoula lhiver, et Antoine remarqua à des signes infaillibles que le printemps et lété revenaient visiter le pays. Les voituriers ne portaient plus de neige dans le comptoir, mais des empreintes de pas noirâtres ; de temps en temps une jeune fille se risquait avec un bouquet de violettes dans le voisinage de linfatigable horloge. Bientôt le soleil apparut joyeux, puis hostile et taquin, dans le coin de fenêtre occupé par M. Liebold ; ensuite vinrent les courtiers, et ils racontèrent la floraison des oliviers, là-bas, dans les campagnes lointaines ; enfin M. Braun se montra avec la première rose à la main. Un an sétait écoulé depuis lentrée dAntoine chez T Schrœter. Dom à Paris https:www.alamyimages.frlicenses-and-pricing?v1 https:www.alamyimages.frphoto-image-dom-a-paris-174884987.html πυραμιδα μεσογειακης διατροφης για παιδια παολα πραγματικη ηλικια Ιουλ 16, 2018 μπουρτζι τι σημαινει απελευθέρωση των κλειστών επαγγελμάτων 509 On la répété mille fois : Traduttore, traditore. Cest aussi un voyageur impénitent qui parcourt lEurope. Je ne saurais que faire dune félicité éternelle, qui ne moffrirait pas de véritables tâches à remplir, de nouveaux obstacles à vaincre, a-t-il pu dire à propos de sa vie trépidante. Ses souvenirs sont devenus autant de classiques et ont mis à la mode la Suisse et la nature. Pas les Français, car comment pouvais-je haïr une nation qui William I, 22.3.1797-9.3.1888, empereur allemand 18.1.1871-9.3.1888, roi de Prusse 2.1.1861-9.3.1888, rencontre avec lempereur Napoléon III près de Sedan, 2.9.1870, gravure sur bois après dessin par Hermann Lueders, vers 1890, https:www.alamyimages.frlicenses-and-pricing?v1 https:www.alamyimages.frphoto-image-william-i-22-3-1797-9-3-1888-empereur-allemand-18-1-1871-9-3-1888-roi-de-prusse-2-1-1861-9-3-1888-rencontre-avec-l-empereur-napoleon-iii-pres-de-sedan-2-9-1870-gravure-sur-bois-apres-dessin-par-hermann-lueders-vers-1890-48026234.html a gardé le souvenir de cette rencontre dans une poésie : Je rencontre napoléon goethe rencontre napoléon goethe rencontre napoléon goethe Deux ans plus tard, il revient à Weimar, devient ministre du Duc et sinstalle avec Christiane Vulpius, issue de la petite bourgeoisie, fleuriste et sœur de lécrivain Christian August Vulpius. Pendant la Révolution française, il revendique une identité conservatrice et tient une conception sceptique de la démocratie. En 1791, il devient directeur du nouveau théâtre de la Cour grand-ducale, poste quil conserve jusquen 1817. Lassé par la banalité et le provincialisme de la cour ducale, il la fuit autant que possible. Mais il ne peut faire autrement que daccompagner le duc de Saxe-Weimar, officier de larmée prussienne en 1792, lors la bataille de Valmy. À cette occasion, il va avoir très tôt le sentiment de lextrême nouveauté de la Révolution française, déclarant ainsi dans sa Campagne de France : Aujourdhui souvre une ère nouvelle de lhistoire du monde. Ses lettres daffaires à ses hommes daffaires américains sont très amusantes parce quelle se présente en malheureuse veuve, chargée denfants, ayant du mal à les élever, et disant à ses hommes daffaires : Ayez pitié de la fille du grand Necker. Ghislain de Diesbach Chaque semaine, un contrepoint historique de lactualité, anniversaires, récits, devinettes : Patriote? En fait, le jeune Napoleone, Nabou, comme lappelait sa mère, hait dabord la France, le dit, et lécrit. Le Français, pour ce Corse, cest dabord loccupant, dont la férule a succédé à celle des Génois, depuis que Louis XV leur a acheté, en 1768, la belle île. Que sa famille, et dabord sa mère, figure dans la clientèle du gouverneur français de lîle, Marbeuf, cest dans lordre de toute occupation.